Relations économiques

Cet article est le fruit d'une synthèse de l'étude "Réalité des rapports économiques entre les deux côtes de la fontière franco-espagnole et regard sur l’efficience des politiques de coopération menées dans ce domaine dans le cadre des programmes INTERREG" publiée en septembre 2011, financée par l’État français au titre du FNADT, commandée par le SGAR Midi-Pyrénées et réalisée par le cabinet EDATER.

Les relations économiques (flux de marchandises et de personnes) se concentrent principalement aux extrémités Est et Ouest de la frontière, au niveau des deux zones littorales. Plus de 90% du trafic de marchandise s’effectue ainsi sur les parties est et ouest de la chaine pyrénéenne.

carte trafic poids lourds 2008

Pour leurs parts, les migrations professionnelles les plus importantes sont observables dans le sens nord-sud en pays basque (vraisemblablement plus de 2000 migrations quotidiennes).

Elles sont plus faibles et plutôt dans le sens sud-nord dans la zone Perpignan- Gérone (plus de 1000, y compris Cerdagne). L’Andorre, quant à elle, est principalement tournée vers l’Espagne : on estimait à environ 1600 le nombre de travailleurs de nationalité espagnole allant travailler en Andorre.

Ces flux de travailleurs restent faibles en comparaison à la situation observable sur d’autres frontières françaises.

Mis à part quelques grands groupes à vocation internationale (notamment implantés sur les zones Est et Ouest, portes d’entrée du territoire), le tissu économique reste majoritairement constitué de TPE et PME manquant d’outils et de moyens pour acquérir à elles seules cette compétence.

Bien que les bassins économiques soient quelques peu hétérogènes sur certaines zones de la frontière franco-espagnole, certaines complémentarités réelles ou potentielles apparaissent (en matière de tourisme ou d’industrie agroalimentaire par exemple). Des tendances à la coopération sont également visibles dans certaines filières économiques telles que l’agroalimentaire, les énergies renouvelables ou encore la filière bois-forêt . Ces coopérations, qui peuvent relever soit d’initiatives privées (entreprises), soit de formes plus organisées (clusters), sont révélatrices d’un réel potentiel en termes de complémentaritésLe tourisme, secteur clef de l’économie régionale, s’illustre lui aussi par des coopérations mais elles semblent hétérogènes et vraisemblablement à consolider ou développer.

De réelles différences sociales et fiscales observables entre la France, l’Espagne et l’Andorre pouvant être génératrices de distorsions de concurrence ou à l’origine de freins pour le développement des échanges économiques.

 indicateurs fiscaux fr esp and

Les programmes INTERREG III A et POCTEFA sont généralement considérés comme importants par les porteurs de projets interrogés pour stimuler la coopération franco-espagnole. Les projets de coopération concernent majoritairement les thématiques du développement de l’entreprise et les actions de mutualisation (notamment la mise en réseau des acteurs et entreprises et le transfert de technologies) mais peu les phases de créations ou reprises d’entreprises. Les projets de coopération sont perçus par les bénéficiaires comme étant essentiels au rapprochement des acteurs des deux versants. Néanmoins, le suivi de leurs impacts économiques reste difficile ce qui ne permet pas d’appréhender leur réelle valeur ajoutée