Agriculture et pastoralisme

 

Ce qu'il faut retenir

De tous les massifs français, c'est dans les Pyrénées que le poids de l'agriculture est le plus important. La majorité des exploitations sont familiales, et à dominante herbivore dessinant les Pyrénées comme terre d’élevage par excellence.

Les tendances agricoles tendent à s'inverser, traduisant une extensification des systèmes agropastoraux. Ce constat est transposable aux exploitations pastorales pyrénéennes, avec la nuance que les exploitations pastorales résistent mieux aux évolutions conjoncturelles car les fluctuations sont moins amples que pour l’ensemble des exploitations du Massif.

Malgré une moyenne d'âge des chefs d'exploitation en hausse, le nombre de bénéficiaires de la DJA est en constante évolution.

 

Retrouvez ICI l'ensemble des cartes statistiques dynamiques de la thématique

Présente toute l’année dans ces territoires, l’agriculture de montagne est reconnue par tous comme le socle de certaines autres activités – le tourisme notamment – et contribue au maintien du tissu rural. L’agriculture de montagne se dessine aujourd’hui comme une richesse à préserver. De tous les massifs français, les Pyrénées sont celui où le poids de l'agriculture reste le plus important, ce qui en fait une spécificité à entretenir.
 
Carte de la part des emploi dans l'agriculture au lieu de travail dans les massifs français

 

L'étude « Pastoralisme, agriculture et territoires de montagne, vers une stratégie pyrénéenne partagée » (téléchargeable ici) réalisée par l'ACAP dans le cadre du Plan de Soutien à l'Economie Montagnarde a produit de nombreux chiffres (issus du Recensement Agricole de 2010) et analyses utilisés ici.

 

Données clés des exploitations :
orientation otex massif 2000-2010

 

En 2010, les données du recensement agricole assoient les tendances perçues dès 2000. Avec 13 096 exploitations agricoles et 915 582 ha valorisés au total sur la zone Massif, c’est encore plus de 60% de ces exploitations pyrénéennes qui sont à dominante herbivore. Le profil agricole des Pyrénées se dessine comme terre d’élevage par excellence.

Carte de répartition des exploitations agricoles dans les cantons du massif

 

Depuis le recensement agricole de 2000, le Massif a perdu 20 % de ses exploitations (même chiffre pour la France) et de ses effectifs herbivores. Les surfaces agricoles ont diminué de 7 % (contre une augmentation de 5 % entre 1988 et 2000), en partie par l’urbanisation et minoritairement par la déprise agricole. Ce constat se révèle bien moins alarmant pour les exploitations pastorales puisque leur nombre a diminué de 13% seulement et les surfaces de 2%.


nb et type dexploitation dpt 2010

 

Avec 80% de la SAU en surfaces fourragères, le profil agricole des Pyrénées se confirme comme terre d’élevage. Et même si des inégalités sont notables selon les départements et que le poids du pastoralisme au sein des exploitations agricoles du massif – toutes confondues – reste minoritaire, l’élevage occupe une place importante dans l’agriculture de montagne et le pastoralisme n’en demeure pas moins sa forme la plus emblématique.


Données clés de l'emploi agricole :
 
Zones essentiellement rurales, les Pyrénées constituent des territoires où le tissu rural est faible en terme de densité et l’agriculture occupe une place encore importante dans l’emploi (8,4% des actifs) au regard de la moyenne nationale (3,5%). Car au-delà de cet indicateur global (qui laisse planer un flou « statistique » et des écrats avec les chiffres de l'INSEE concernant les pluriactifs agricoles), l’agriculture de montagne demeure à ce jour une activité créatrice d’emplois.

Carte de répartition des actifs agricoles dans les cantons du massif

 

La pluriactivité est un atout économique historique des exploitations de montagne qui permet le maintien d’une activité agricole et des apports économiques extérieurs dans des régions agricoles en déclin. Près de 20% des chefs d’exploitations du massif, et quelques soient les catégories, sont double actif. 

Les 13 092 exploitations du massif des Pyrénées, tout comme les exploitations pastorales, sont des entreprises familiales et 53 % sont des exploitations individuelles.

Bien que la moyenne d’âge des exploitants de la chaîne soit de plus de 50 ans et que la majorité d’entre eux n’ait pas, à ce jour, de successeur, le nombre de bénéficiaires de la DJA (Dotation Jeune Agriculteur) est en constante augmentation (2 360 bénéficiaires depuis 1988 et 5 380 depuis 2000, dont la moitié sont des exploitants pastoraux (d’autant plus important que les exploitations pastorales ne concernent que 29% des exploitations du massif). Le métier d’éleveur de montagne redore aujourd’hui son blason et l’installation en montagne doit continuer à être accompagnée.

Données clés de l'économie :

pbs des exploitations 2010

 

L’essentiel de la Production Brute Standard (PBS) des exploitations agricoles et pastorales repose sur les productions herbivores, avec cependant de fortes inégalités selon les territoires du massif en raison de la nature des élevages qui s’y concentrent et de leurs productions associées. Le poids des Pyrénées Atlantiques est prépondérant.

9% pour l’ensemble des exploitations du Massif, et 11% des exploitations pastorales pratiquent une activité de diversification (activités de restauration à la ferme, hébergement, artisanat ou autres activités semblables comme activités de diversification. L’activité de transformation à la ferme, bien que considérée comme une activité de diversification n’a pas était intégrée à ce calcul de manière à mettre en exergue le poids des synergies agriculture-tourisme).

La diversification dans les activités touristiques étant à ce jour la plus fréquente, les exploitations pastorales commencent cependant à mettre en place des synergies nouvelles et complémentaires qui permettent à la fois de diversifier les sources de revenus, et à la fois de valoriser leurs productions agricoles.

Principales conclusions et hypothèses :

- Les tendances agricoles s’infléchissent aujourd’hui pour les exploitations agricoles du Massif des Pyrénées.
Les variations entre 1988 et 2000 mettaient en évidence un phénomène d’agrandissement (tant en termes de surfaces que d’effectifs cheptels) des exploitations de montagnes couplé à la spécialisation de ces élevages à travers une diminution du nombre d’exploitation, une augmentation de la moyenne surfacique et de la taille des troupeaux. Aujourd’hui, le recensement agricole de 2010 laisse entrevoir un inversement de tendance. La diminution du nombre d’exploitations est nettement inférieure aux 10 années précédentes, les effectifs des troupeaux se réduisent et, dans une moindre mesure, les surfaces agricoles tendent aussi à augmenter traduisant une extensification des systèmes agropastoraux. Ce constat est transposable aux exploitations pastorales pyrénéennes, avec une nuance cependant.
- Les exploitations pastorales résistent mieux aux évolutions conjoncturelles car les fluctuations sont moins amples que pour l’ensemble des exploitations du Massif (tant sur les tendances observées de 1988 à 2000 que pour celles de 2000 à 2010). Ce « pouvoir tampon » des exploitations pastorales est tout autant un atout qu’il conforte la nécessité du maintien et du développement de ces activités, constantes et structurantes pour les territoires pyrénéens.