Les activités nordiques


Ce qu'il faut retenir

Les sites où se pratiquent les activités nordiques dans les Pyrénées sont très hétérogènes du point de vue de leurs offres et de leurs équipements. D'une façon générale, la fréquentation de ces sites est très rapidement touchée par le manque d'enneigement.

Le ski de fond connait une baisse régulière de sa pratique, et ce dans tous les massifs en France, la part de vente de "journées-skieurs"des Pyrénées représentant 7% du total.

En revanche, la pratique de la raquette semble se développer plus rapidement dans les Pyrénées, malgré un forfait journée le plus élevé des massifs français.


NB : les données ci-dessous sont issues essentiellement du tableau de bord des activités nordiques réalisé par Atout France en 2010-2011.

Les activités nordiques se répartissent, dans les Pyrénées, entre une large collection de sites diffus (vallons et sommets divers, plutôt de moyenne montagne et adaptés à la pratique de la raquette) et une bonne douzaine d’espaces nordiques organisés, présents pour l’essentiel dans 4 départements :

  1. les Pyrénées-Atlantiques (le Somport, la Pierre Saint-Martin, Issarbe et Iraty)

  2. les Hautes-Pyrénées (Cauterets, Hautacam, Nistos, Payolle et le val d’Azun)

  3. l’Ariège (plateau de Beille, col du Chioula, étang de Lers et Mijanès)

  4. les Pyrénées-Orientales (Font-Romeu et le Capcir)

On peut noter aussi, côté français, une typologie sommaire distinguant :

  1. les sites mixtes (l’activité nordique faisant partir d’une offre hivernale plus globale, incluant aussi les pratiques alpines : la Pierre-Saint-Martin, Cauterets, Font Romeu…)

  2. les sites propres, où l’activité nordique est largement dominante et constitue par ailleurs un objet touristique déterminant quant à l’attractivité hivernale de la vallée ou du territoire concerné (le Somport, Nistos, val d’Azun, Beille…).

Il est à noter aussi que, de façon générale, les activités nordiques ont faiblement bénéficié au cours de la période 2007-2013 des moyens propres issus de la convention interrégionale de massif (à la différence d’autres filières touristiques telles que le ski alpin et le thermoludisme), en l’absence de projets prêts à être engagés.

Coté andorran et espagnol, les activités nordiques, handicapées par des conditions morphologiques et climatiques en général moins favorables que côté français, ont une importance sensiblement moindre et sont moins bien organisées à quelques exceptions près : notamment Candanchu (porte d’entrée espagnole et aragonaise de l’espace nordique du Somport), le Pla de Beret (zone nordique intégrée dans l’offre de Baqueira, première station espagnole de sports d’hiver) ou encore Sant Joan de l’Erm (dans le parc catalan de l’Alt Pireneu).

Le ski de fond

Le premier tableau ci-dessous illustre le poids des Pyrénées dans l’offre française de ski de fond. Il permet de distinguer, notamment, la part moyenne respective des 4 départements de la chaîne :

  1. les Pyrénées-Atlantiques (32 000 journées-skieurs)

  2. les Hautes-Pyrénées (16 000 journées-skieurs)

  3. l’Ariège (45 000 journées-skieurs)

  4. les Pyrénées-Orientales (14 000 journées-skieurs)

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Le total, qui connaît de fortes variations annuelles en fonction de l’enneigement, dépasse 100 000 journées-skieurs, soit 7 % environ du total national et 2 % des journées-skieurs de l’activité alpine du massif (voisin, en cumulé et en moyenne, de 5 millions, pour la trentaine de stations de la chaîne pyrénéenne, côté français).

Ce total est largement dominé par les 3 départements alpins. Les évolutions nationales du chiffre d’affaires du ski de fond illustrent la forte sensibilité de l’activité à l’enneigement (2006-2007 a été ainsi une quasi « saison blanche » pour de multiples sites). Certaines stations alpines ont tenté d’y remédier par l’enneigement artificiel (qui tend à se répandre dans les sites majeurs), phénomène qui reste encore marginal dans les Pyrénées (hormis Font Romeu, qui a mis en service, en 2011, une installation pouvant enneiger et sécuriser 2 km de piste).

Au-delà du paramètre climatique et des fortes oscillations qui en résultent pour l’activité, il est à noter que les activités nordiques restent encore perçues comme un loisir d’initiés, souvent lié la pratique monolithique du ski de fond. Dans l’imaginaire collectif, ces activités sont associées à l’effort physique intense, peu ludique et peu convivial, et paraissent encore véhiculées par une animation, une gestion et une promotion plus sportives que réellement touristiques.

Cette offre se cantonne donc encore à des niches de clientèles réduites et peut ainsi apparaître en décalage avec les attentes d’autres segments de clientèles, potentiellement plus larges. Dès lors, l’effritement constaté depuis plusieurs années de la pratique du ski de fond , associé à la recherche par le grand public d’un plaisir de séjour hédoniste « sans effort », pourrait donc grever le développement futur des espaces nordiques dès lors que ceux-ci ne parviendraient pas à modifier leur image et leur offre.

evol redevance skidefond

La raquette à neige

 Les données ci-dessous figurent une première analyse du positionnement des Pyrénées sur cette activité (généralement considérée en plein essor ; et dont l’image « douce » est de plus en plus utilisée dans la communication touristique en montagne), en comparaison notamment de la situation des autres massifs français.

 raquetteneige

Si ces chiffres montrent la place particulière des Pyrénées (pour la pratique payante par exemple), il reste probablement du chemin à parcourir avant de convaincre le client, et a fortiori le prospect, du prix à payer en échange d’installations et de services touristiques (surtout si leur qualité n’est pas garantie).

 tarif raquette

Cet enjeu apparaît d’autant plus fort que le positionnement tarifaire (raquettes mais aussi ski de fond) des espaces nordiques pyrénéens est élevé, comparativement aux autres massifs, et que leurs équipements rencontrent plusieurs problématiques similaires aux stations de ski alpin : difficulté d’enneigement, ancienneté des installations (les centres d’accueil, notamment, sont issus d’une génération d’équipements vieille souvent de plusieurs décennies), équilibres financiers et économiques délicats, marges de progrès importantes en matière d’accueil, de convivialité et de services, gestion environnementale exigeante pour des sites fragiles…